|  Jules  |

Bordeaux

04 Janvier 2018

Ma féminité, être une femme, j’en pense quoi ? Hier l’Islande a légalisé l’égalité de salaires entre hommes et femmes, mais vous savez-quoi c’est le seul pays qui en a fait une loi. Hier une femme au supermarché a entendu son fils lui dire « Bah c’est pas toi non plus, c’est papa! » à la phrase « Ce n’est pas toi qui va travailler pour payer les courses. » Tous les jours sur les réseaux on voit enormément de « body goals », de long cheveux blonds et ondulés, des visages parfaits, maquillés, refaits. Pourquoi nous abrutir de ces images d’une femme? Comment on en est arrivé à l’envie de toutes nous ressembler? 

On a pas tous des départs faciles dans la vie, on est pas tous gâtés par la nature, c’est parfois dur de se sentir soit homme, soit femme. Parfois on voudrait être les deux, ou en tout cas ne pas être étriqué dans une seule case. D’ailleurs on ne voudrait pas être dans une case tout court. On a toutes vécues une situation où on aurait aimé être plus séduisante pour voir si… Etre un homme pour voir si… Les choses se seraient passées autrement. La réponse c’est oui. Bien sur qu’on vous identifie comme un genre et qu’on vous traite comme tel selon ce que la personne devant vous à reçu comme éducation. On ne pourra rien y changer, c’est unes des premières choses que j’ai appris, on ne change jamais les gens, jamais. On peut seulement les faire réfléchir, si déjà, ils ont un cerveau pour.

A quel moment on a décidé que quelqu’un valait moins qu’un autre ? Quand on a eut peur d’être dépassé par quelqu’un ? La personne qui s’est dit que le physique reflétait notre nous intérieur, devait sacrément manquer de confiance. Alors il a du se dire, pour savoir où je vais, dans quelles relations je m’aventure, je vais prêter des qualités et des défauts à ces gens que je rencontre sur la seule base de leur physique. Ca a du en rassurer d’autres après, et c’est devenu un truc. Se faire une idée des gens sur ce qu’ils nous montrent. Leur trouver un schéma tout pret sur la base de ce qu’on nous a appris. C’est comme ça que les femmes qui ont du intimider et faire peur en voulant plus de pouvoir de décision, ont du être décrite comme des personnes dont il faut se méfier, des personnes qu’on a ensuite déclarer inapte à voter en tout état de cause, des personnes inaptes à conduire, ou même à disposer de leur propre corps. La femme n’est pas apparue d’un coup, c’est sa force qui a commencé à s’instiller, petit à petit.

La femme a du faire peur, comme toutes les choses qui ont du pouvoir et qui nous font douter du notre. Puisqu’on peut le dire, la femme est la faiblesse plus ou moins secrète de beaucoup d’homme. Elle a fait perdre le pouvoir à Bill Clinton, quand même. Elle a affichée notre ancien président sous son jour le moins avantageux, vêtu d’un casque, tel un voleur qui se cache, pour retrouver une femme…

La femme avec ses longs cheveux, ses jambes graciles, sa silhouette élancée, son sourire étincelant, fait chavirer. Mais vous savez quoi? Il y’en a plein d’autres des femmes, et elles ne ressemblent pas toutes à ça.  

Il y’a celle qui a survécu à la maladie, qui, sans ses cheveux, se met à se chercher une place qu’elle avait pourtant déjà trouvé avant de perdre sa crinière.

Celle qui ne met que des baskets, parce que c’est plus confortable, et puis parce que de toute façon elle est née de telles sortes que ses pieds n’ont pas été fait pour les talons.

Celle qui n’a que des amis masculins, qui portent des joggings, se fait applaudir quand par miracle elle met une jupe, parce qu’on avait oublié, c’est une fille en fait.

Celle qui a été gâtée, des beaux yeux bleus de sa mère, de la silhouette svelte de son père. Mais qui est malheureuse, qui voudrait être toute petite, qu’on la remarque moins, qu’on la laisse tranquille dans la rue.

Celle qui a des kilos en « trop », celle qui ne vit que pour voir la fierté dans les yeux de ses parents, qui ne voit que l’échec qu’elle pense être. Celle qui n’a pas encore trouvé sa force.

Celle qui est en fauteuil roulant, qui n’a bien souvent que le droit à un coup d’oeil de pitié, quand le bus s’arrête un peu plus longtemps pour déployer la rampe qui lui donnera le même accès qu’aux autres. 

Celle qui est devenue maman jeune, qui souffre de son apparence qui a changé, qui n’a pas compris qu’on pouvait être femme et mère, que notre corps c’est notre histoire.

Il y’a celle qui répond à tous les critères qu’on se fait de la femme parfaite, ceux qu’on nous vends et nous placardent, elle a tout, mais on ne saura jamais à quels prix. 

Et puis il y’a toi, moi, toutes celles qui ne se pensent pas si spéciales que ça, qui se disent juste qu’elles sont là, alors autant essayé d’être heureuse, de passer un bon moment. Qui ne se doute pas de la force qu’elles ont, de la confiance qu’elles devraient avoir, bien plus qu’elles n’en ont déjà. On nous dit hautaine, arrogante, superficielle, alors qu’on devrait entendre fière, sûre d’elle et surtout belles. 

 

 

Vous n’êtes pas qu’une femme, vous êtes le pouvoir. Le pouvoir de changer le regard des gens sur vous, de leur prouver qu’ils ont eu tort de ne voir qu’une petite femme qui a l’air calme, sur qui on pourra crier sans réponse, qu’ils ont eu tort de penser que vous ne serez pas à la hauteur de ce poste, qu’ils ont eu tort de vous refusez cette augmentation, qu’ils ont eu tort, de vous prêter des traits sur votre simple apparence.

Coupez vos cheveux courts, mettez des baskets, arborez fièrement vos vergetures, quittez ce patron qui vous méprise, demandez cette augmentation pour être au même seuil que votre collègue masculin, sortez votre majeur quand on vous dit « Ah les femmes au volant… »

Si on nous pense si faible, c’est qu’on a énormément de pouvoir quand on le veut.

Montrons le !

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